Faune, flore...quelles réactions dans l'espace ?

Sans haut ni bas, sans poids ni contrainte, comment un organisme peut-il se développer en impesanteur ? La réponse est étudiée grâce aux plantes et aux animaux.

Bulles d'eau sur une plante en impesanteur : expérimentation russe sur l'ISS - © NASA

Bulles d'eau sur une plante en impesanteur : expérimentation russe sur l'ISS - © NASA

Tous logés à la même enseigne

Notre belle planète se transforme sans cesse.

Tout au long de ses milliards d’années d’existence, elle a vu les dinosaures disparaître, les hommes apparaître, les continents se déplacer, le climat évoluer...

Mais une chose au moins n’a pas bougé d’un iota : la pesanteur.

Elle est restée constante tout au long des millions d’années qui ont vu la vie émerger et se développer.

De la plus petite cellule vivante aux premiers organismes végétaux et animaux, nous avons tous été façonnés par la pesanteur.

Prenez par exemple un éléphant : il n’a pas les mêmes os qu’une souris car son corps est beaucoup plus pesant. Mais en impesanteur, le pachyderme pourrait-il vivre avec des os aussi fragiles que ceux d’une souris ?



Le ver Caenorhabditis Elegans - © J. Berger/Max Planck Institute for Developmental Biology

Le ver Caenorhabditis Elegans - © J. Berger/Max Planck Institute for Developmental Biology

Un éléphant dans des chaussons de souris

Les éléphants engendrent toujours des questions de taille…

Mais d’autres questions tout aussi énormes se posent : peut-on naître en impesanteur ?Comment grandit-on dans cet environnement ?

Que se passe-t-il au niveau des cellules ? des gènes ? de l’ADN ?

Pour y répondre, un tas d’expériences sont menées sur des petits organismes plus faciles à manipuler qu’un éléphant.

On utilise des vers de terre, des salamandres, des grillons, des plantes, mais aussi des cellules extraites de ces organismes.

Le tout est placé dans un "incubateur", un cube de 20 cm sur 20 cm, sorte de mini Arche de Noé complètement fermée et permettant de protéger les animaux lors de leur voyage spatial.



Jeunes pleurodèles embarqués à bord de la station Mir en 1999 - © Masaï

Jeunes pleurodèles embarqués à bord de la station Mir en 1999 - © Masaï

Bébés pleurodèles dans l'espace

Revenons à nos moutons : les organismes vivants peuvent-ils naître et se développer normalement sans pesanteur ?

Les expériences menées sur des poissons et des pleurodèles (animaux proches de la salamandre) ont permis de montrer que c’était possible.

Les embryons de ces animaux se sont développés avec de petites anomalies, mais au final les animaux nés et éclos dans l’espace étaient sans différences apparentes avec leurs cousins terriens !

A priori, notre éléphant ne naîtrait donc pas avec des os de souris…

Mais une question reste ouverte : l’arrière-arrière-arrière… petit-fils de ce pachyderme de l’espace sera-t-il comme son arrière-arrière-arrière… grand-père ? Les recherches continuent.



Une racine de maïs se réorientant sous l'effet de la gravité - © CNES/ESA

Une racine de maïs se réorientant sous l'effet de la gravité - © CNES/ESA

Vous reprendrez bien un peu de salade spatiale ?

Concernant les végétaux, d’emblée une question vient à l’esprit : une plante peut-elle pousser lorsqu’il n’y a ni haut ni bas ?

Hé bien… elle se débrouille : la tige et les feuilles poussent en direction de la lumière, qui, dans une station spatiale, n’est rien d’autre qu’une lampe.

Les racines se dirigent quant à elles vers les éléments nutritifs.

Il est donc possible de faire pousser des salades dans l’espace et un jour peut-être de s’en nourrir

En attendant, les recherches se concentrent sur le cycle de la plante, sa germination, sa croissance et son développement en impesanteur bien sûr.



Ils sont déjà partis dans l'espace !

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Le ver Caenorhabditis Elegans est l'un des animaux de laboratoire les mieux connus, ce qui permet de repérer facilement les transformations avant et après un vol spatial. On étudie notamment les changements au niveau génétique. Autre intérêt de ce mammifère, il est particulièrement résistant : c'est le seul survivant de l'explosion de la navette Columbia lors de son entrée dans l'atmosphère en phase de décollage (2003). © Jürgen Berger / Max Planck Institute for Developmental Biology

Le responsable des programmes Exobiologie du CNES, Michel Viso, raconte le rôle joué par les singes dans la conquête spatiale depuis l'envoi dans l'espace par les Américains d'Enos et Ham en 1961© Le Monde/Universcience, mai 2011

<h2>Les chimpanzés de l'espace et les vols habités</h2> <p><p>À l'occasion de la sortie en DVD du film <i>Les chimpanzés de l'espace 2</i>, le responsable des programmes Exobiologie du CNES, Michel Viso, nous raconte le rôle joué par les singes dans la conquête spatiale depuis l'envoi dans l'espace par les Américains d'Enos et Ham en 1961.</p> <p><br />Précédents numéros de la série <i>Sorties savantes</i> dans MENU / Vidéos de la série.</p> <p><br />Réalisation : Romain Nigita</p> <p><br />Coproduction : Universcience, 8 Art Media 2011</p></p>

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