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En quoi consiste la Charte
Créée en 2000 par le CNES et l’ESA, la Charte « Espace et Catastrophes Majeures » fournit régulièrement et gratuitement des images satellites aux pays victimes de catastrophes naturelles pour les aider à organiser les secours. Les dix agences spatiales signataires de la charte disposent d’un réseau de 25 satellites dont les images permettent d’obtenir des cartes récentes des zones sinistrées.
Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre a dévasté Haïti. Cette photo a été prise le 19 janvier, dans la capitale, Port-au-Prince © CAVALLERA/SIPA
Le but : contribuer aux opérations de secours
En janvier 2010, Haïti se met à trembler pendant une interminable minute. Les secousses du tremblement de terre sont si violentes que la capitale est presque rayée de la carte. Le bilan est catastrophique : plus de 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de personnes à la rue.
Rapidement, les secours puis l’aide internationale affluent sur place. Mais le paysage est bouleversé, les routes sont coupées, et les réfugiés - qui ont besoin d’assistance immédiate - sont dispersés sur des kilomètres… Quelques heures après le séisme, et devant l’ampleur des dégâts, la Sécurité Civile française déclenche la Charte "Espace et Catastrophes Majeures".
Sa mission : programmer en urgence des satellites pour "photographier" la zone sinistrée et contribuer à l’organisation des opérations de secours.
Image en fausses couleurs prises le 21 janvier 2010, 9 jours après le séisme. Les zones blanches signalent de possible glissements de terrain au milieu du couvert végétal (rouge). La capitale Port-au-Prince apparaît en gris, les rivières en bleu pâle et
L’outil : des cartes obtenues en moins de 24h
Les données recueillies par les satellites sont difficiles à décrypter. Des instituts spécialisés dans la cartographie rapide (tels que le SERTIT à Strasbourg) les traitent pour en faire des cartes exploitables pour des non-spécialistes (légendes, explications, etc.).
Elles seront transmises organismes utilisateurs de la Charte : Sécurité Civile ou organismes spécialisés des Nations Unies.
Les premières cartes sur Haïti ont permis à la fois :
- d’identifier les centaines d'obstacles susceptibles de gêner les secours (effondrements d’immeubles, glissements de terrain, routes coupées...),
- et de trouver de nouvelles voies d’accès.
D’autres cartes ont rapidement permis de recenser les points d’eau, d’identifier les camps de réfugiés, puis de suivre l’évolution de la situation. Grâce à ces images, les secours ont tout de suite pris conscience de l’ampleur du désastre et ont pu estimer le nombre de victimes, ainsi que les besoins en vivres, eau, médicaments et médecins.
Après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, distribution d’eau potable à la population haïtienne © J.J. AUGUSTIN/SIPA
Le coût : nada pour les victimes et les sauveteurs
D’où viennent les images ? Des agences spatiales signataires ou des entreprises privées partenaires.
Ces dernières mobilisent en urgence leurs satellites et vendent leurs images aux agences spatiales qui financent également les équipes de coordination et d'interprétation d'images.
Une addition d’environ 3 à 4 millions d'euros pour l’ensemble des agences spatiales participantes. Pour les utilisateurs de ces cartes, à savoir, les secours sur le terrain, la mise à disposition des images est totalement gratuite. Mais alors qu’en tirent les agences ?
La satisfaction d'avoir contribué à l’action des sauveteurs et des acteurs de l’humanitaire ainsi que celle de voir rentabilisée l’utilisation des données satellites.
Les moyens : 25 satellites
Les dix agences spatiales qui ont adhéré à la Charte disposent d’environ 25 satellites, dont deux pour la France, Spot 4 et 5. Les images qu’elles fournissent sont complémentaires.
Photographiées depuis le ciel, les images optiques sont faciles à interpréter que les images radar, le rendu est proche de Google Earth : on peut visualiser des immeubles écroulés, des routes coupées ou des camps de réfugiés.
Les images thermiques permettent elles de distinguer les zones chaudes des zones froides au niveau du sol. Elles sont très utiles pour suivre le déplacement des feux ou bien les coulées de lave aux abords d’un volcan.
Pour les inondations, on privilégie parfois les images radar, car ce type d’ondes passe facilement à travers les nuages et permet de bien mettre en évidence la localisation et l’évolution des surfaces inondées, en particulier dans les zones de plaines.
Image d'attente de la vidéo :
A la fin du mois de juillet, des pluies diluviennes s'abattent sur le Pakistan, provoquant de très graves inondations. Rapidement, les satellites Spot sont mobilisés pour mesurer l’ampleur des dégâts. Extrait du Journal de l'espace, septembre 2010 © CNES
En savoir plus :
- "Les 10 ans de la Charte sur fond de marée noire", sur le site du CNES grand public
- Le diaporama "Images satellitaires et catastrophes majeures"
- Voir le blog "Un autre regard sur la Terre"










