Y’a-t-il un surveillant ? 

Plus on détecte tôt un astéroïde, plus on dispose de temps pour réagir. Aussi, de nombreux télescopes braqués vers les cieux cartographient, recensent et identifient ces cailloux de l'espace. La NASA s'est vue donner comme objectif par le Congrès américain de détecter tous les objets d'une taille supérieure à 140 m d'ici 2020.

Illustration de l’entrée dans l’atmosphère d’un astéroïde © Don Davis/NASA

Les délais de la détection

Les astronomes estiment qu'ils ont découvert pratiquement tous les astéroïdes d'un diamètre supérieur à 1 km gravitant non loin de la Terre - environ 900 sur un total d'un millier. L'arrivée de tels monstres peut être estimée une trentaine d'années avant qu'ils ne menacent la Terre.

En revanche, ceux qui ne mesurent qu'une centaine de mètres (mais néanmoins capables de faire de gros dégâts à l'échelle locale) sont encore très nombreux à ne pas avoir été repérés.

Au pire, un télescope braqué dans la bonne direction ne pourrait repérer de tels astéroïdes que quelques jours avant qu'ils ne soient sur nous. Et parfois, on ne les repère même qu'après coup.

Ainsi, le 14 juin 2002, un astéroïde de 120 m de diamètre, baptisé “2002 MN” nous a frôlés de 120 000 km (soit seulement 1/3 de la distance Terre-Lune), et n'a été repéré que trois jours après son passage.

L'équivalent en termes d’échelle d'une balle qui traverserait notre manche sans nous toucher le bras.



Igor Tchekaline, astronome amateur Russe, a gagné un voyage au Very Large Telescope (VLT) au sommet du Cerro Paranal, au Chili. © Tchekaline I. / ESO

Comment surveille-t'on ?

Le principe de détection des astéroïdes est simple : on braque un télescope vers le ciel pendant plusieurs minutes et on analyse les images par ordinateur.

Les étoiles et les corps qui se déplacent à vitesse très lente ou demeurent immobiles apparaissent sous forme de points.

Les astéroïdes, eux, se présentent à l'image sous la forme de traînées lumineuses.

Toutefois, cette observation n'est possible que dos au Soleil, car ce dernier est très lumineux et éblouit donc nos télescopes. De fait, seuls 60 % du ciel sont sous surveillance à un instant donné.

Les astronomes misent donc sur le fait que la plupart des objets passeront à un moment ou un autre dans la zone qu'ils scrutent. Cette surveillance est effectuée par des observatoires au sol, des télescopes dans l'espace, mais aussi grâce à la contribution bénévole de milliers d'amateurs qui passent des nuits les yeux dans les étoiles.



L’échelle de Turin, graduée de 0 à 10, exprime à la fois le risque d'impact et le potentiel destructeur d'un astéroïde. © Richard P. Binzel, MIT

Peut-on prédire ?

Sur leurs ordinateurs, les astronomes relèvent un maximum de points correspondant à l'orbite suivie par le caillou qu'ils observent, ce qui leur permet de prédire la forme générale de son orbite (ellipse, parabole, hyperbole...).

Des calculs leur permettent ensuite d'affiner ces trajectoires.

Toutefois, cette science est comme la météorologie, soumise à de nombreux paramètres difficiles à estimer précisément, dont l'effet se fait de plus en plus sentir au fil du temps.

L'astéroïde peut entrer dans le champ de gravitation d'une planète, percuter un autre astéroïde ou être dévié sous l'effet du rayonnement solaire.

De ce fait, plus l'échéance de la collision est lointaine, plus les mesures de risque d'impact sont imprécises.

Les astronomes parviennent tout de même à prévoir des trajectoires de collisions possibles sur des périodes allant jusqu'à 20 voire 50 ans.

 



Un des télescopes américains Pan-STARRS, dispositif d’observation basé à Hawaï © Brett Simison

Les programmes de par le monde

La plupart des programmes d'observation dédiés à la traque d'astéroïdes se situent aux États-Unis ; le LINEAR dans le Massachussetts et le Catalina Sky Survey en Arizona comptent parmi les plus importants.

De plus, les États-Unis investissent dans de grands projets d'observation astronomiques, tels que les télescopes américains Pan-STARRS à Hawaï : 1,4 milliard de pixels par image, et capables de balayer une surface équivalente à tout le ciel quatre fois par mois !

Ou encore le télescope américain LSST qui sera installé au Chili, et sera capable de détecter des objets d'une centaine de mètres de diamètre seulement.

Le reste du monde en compte une poignée : en Italie, outre le CINEOS, il existe la Sagra Sky Survey, un observatoire piloté par des astronomes amateurs.

L'ESA conduit également un programme de tests à l'observatoire de Tenerife en Espagne,  durant 4 nuits par mois.



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