Prolonger l'ISS, pour faire quoi ?
Nous sommes en 2016. Après dix-huit ans de bons et loyaux services, la Station spatiale internationale (ISS) va être désorbitée. C’est tout un pan de l’histoire qui disparaît. Mais rangez vos mouchoirs, finalement, ce scénario n'aura pas lieu avant 2020 et peut-être même 2028 ! En 2010, il a été décidé de prolonger la vie de l’ISS. À quoi ça va servir ?
18 août 2011, l'astronaute Patrick G. Forrester s'apprête à travailler sur les expériences MISSE-1 et 2 (étude du comportement des matériaux dans l'espace) © NASA
Un laboratoire unique au monde
L'ISS, c'est avant tout un laboratoire scientifique unique où sont menées des expériences qui ne pourraient pas se faire sur Terre.
Par exemple, les scientifiques y étudient l'impact de l'impesanteur sur le corps humain ou sur des cellules cultivées in vitro.
Des physiciens tentent d’y créer de nouveaux matériaux en profitant de l’incroyable comportement des fluides et des matériaux dans l’espace.
Quant aux appareils sophistiqués installés dans l’ISS, ils devraient permettre de préciser la mesure du temps ou de détecter les particules émises lors de la création de l'univers… autant de découvertes difficiles à faire sur le plancher des vaches.
Le 29/01/1998, 15 pays ont signé des accords afin d'établir le cadre de la coopération entre les partenaires sur la conception, le développement, l'exploitation et l'utilisation de l'ISS © NASA
Un laboratoire pour tous
Cette infrastructure unique, autant en faire profiter tout le monde... ou presque.
Depuis ses débuts, les scientifiques de 55 nations différentes ont pu y mener leurs expériences.
Parmi eux, des médecins, des physiciens, des biologistes... et bientôt des spécialistes du climat.
L'Agence spatiale européenne (ESA) a en effet décidé d'ouvrir l'ISS à de nouvelles disciplines et de faire de son module scientifique, le laboratoire européen Colombus, un poste d'observation pour l'étude du changement climatique.
En couvrant l'ensemble des zones tropicales et tempérées de notre planète, l'orbite de l'ISS constitue, c'est certain, un observatoire de choix.
L'espace pour demeure
Finalement, tous les appareils scientifiques installés sur l'ISS ne pourraient-ils pas fonctionner tout seuls ou du moins être manipulés à distance, voire par des robots autonomes ?
Pour une partie d'entre eux, la réponse est oui. En ce qui concerne l'observation du climat par exemple, les mesures qui seront faites sur l'ISS seront certes assez identiques à celles réalisées par des satellites.
Mais l'avantage de l'ISS est justement que des humains sont sur place. Ils peuvent modifier les expériences, les moduler en fonction des évènements ou encore réparer une partie défectueuse de l'instrument de mesure.
Un satellite, une fois lancé, c'est fini : on ne peut plus modifier sa mission...
L'engin spatial Orion, ici montré en approche de l'ISS, est destiné au retour de l’homme sur la Lune © Lockheed Martin Corp
Vers l'infini...et au-delà !
Avec des humains en permanence à bord, l’ISS permet de préparer les vols spatiaux habités de demain : un retour sur la Lune, une expédition vers Mars... et au-delà !
À de telles distances, rien ne se fait à la légère. Il faut préparer les spationautes, étudier les effets de l'impesanteur sur l'homme, tester des matériaux capables de résister aux conditions extrêmes qui sévissent dans l'espace.
Sans l'ISS, tout cela serait difficilement possible.
Et puis, dans l'optique d'une exploration prochaine de Mars, une station d'assemblage située en orbite basse, comme c'est le cas de l'ISS, pourrait être utile. Bref, la vocation de l'ISS, c'est aussi de préparer une exploration spatiale interplanétaire.
En savoir plus :
- Voir le diaporama "L'ISS, un gigantesque jeu de Lego"
- Voir les animations "La vie dans l'espace" sur le site ESA Kids










