Pourquoi prévoir l'océan ?

Où irez-vous surfer ce week-end ? À Lacanau ou à Biarritz ? Pour le savoir, rien de mieux qu'un petit tour sur votre Smartphone. Il existe une application qui donne les hauteurs des vagues en temps réel. Comme la météo, ''l’océano'' s’est mise aux prévisions. Les spécialistes parlent d’océanographie opérationnelle.

Infographie illustrant une prévision de courant au large de Fukushima. La zone est traversée par le courant de Kuroshio (trainée blanche), le second plus grand courant marin au monde après le Gulf Stream © Mercator Océan

Pour suivre les pollutions

Suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, des particules radioactives se sont retrouvées en mer. Où ont-elles été emportées ?

Pour le savoir, les scientifiques de Mercator Océan ont utilisé NEMO, un super logiciel qui simule le comportement de l’océan, et dans lequel ils injectent toutes les observations dont ils disposent, comme les données satellites.

Conclusion ?

D’après NEMO, les particules radioactives portées par les courants au large de la centrale nucléaire ont pu atteindre le courant de Kuroshio, un des courants les plus forts de la planète, comparable au Gulf Stream !



Maud Fontenoy pendant sa traversée en rameur © www.maudfontenoy.com

Economisons le carburant

Le carburant coûte de plus en plus cher. Cela devrait motiver les pétroliers et les cargos à suivre les courants les plus favorables lors de leurs traversées.

Sur certains trajets, leur consommation de fioul pourrait ainsi être réduite jusqu'à 10%.

À la clef : des gains financiers et moins de gaz à effet de serre dégagés.

Pour suivre ces courants ? "Suivez la carte océano, Mr le capitaine !"

Aux antipodes des cargos … les rameurs.

Eux aussi se servent de l'océanographie opérationnelle, afin de les aider à choisir la meilleure trajectoire possible.

Lors de leur traversée du Pacifique, Maud Fontenoy en 2005 et Serge Jandaud en 2011 ont reçu, via leur téléphone satellite, des cartes journalières des courants.



Bateau de pêche surveillé par CLS grâce à des balises Argos et des satellites © CLS

Pour mieux gérer les stocks de poissons

Les poissons ont leurs préférences pour leurs eaux de baignade : température, courant, salinité...

Par exemple, les espadons adorent être à la limite de deux masses d'eau, l'une généralement plus chaude que l'autre.

Prévoir et localiser les courants, les zones d’eaux chaudes ou froides, très salées ou moins salées, sont des informations précieuses pour mieux gérer l'activité de la pêche, pour établir des quotas adaptés et ainsi aider les pécheurs à suivre les réglementations de façon efficace et sûre.

Au Vietnam par exemple, l'utilisation de ces informations va permettre au gouvernement d'accompagner les pêcheurs vers une pêche plus au large.

En effet, les poissons sont la source de protéine d'une grande partie de la population, mais ils se sont raréfiés près des côtes.

 


Vers une pêche "durable" par CNES



Les conséquences climatiques du phénomène El Nino en 1997 © CNES/D.Ducros

Pour mieux prédire les climats de la Terre

Les océans stockent, transportent et échangent avec l'atmosphère d'énormes quantités de chaleur.

Ils régulent ainsi en partie les climats de notre planète.

Le phénomène El Niño de 1997 en est un exemple.

 

El Niño est une accumulation saisonnière d’eau chaude au large du Pérou autour de Noël - d'où son nom.

En 1997, cette anomalie est devenue incroyablement étendue.

La chaleur de l'eau s'est transmise aux masses d'air de l'atmosphère et s'est propagée d'un bout à l'autre de la planète.

Résultat : tandis que le Kenya et la Somalie étaient frappés d'inondations, l'Indonésie subissait sécheresses et incendies.

Connaître au jour le jour les humeurs des courants qui agitent les océans, c’est garantir une meilleure prévision des climats sur les continents !

 




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