Satellites + robots = plus d’infos pour NEMO !
Si les satellites ont révolutionné nos connaissances sur les océans, ils ont aussi leurs limites : impossible pour eux de connaître la température à 10 cm de profondeur, et a fortiori à 100 ou 1 000 m ! Pour recueillir ces informations, de petits robots autonomes ont été largués dans les océans.
Les "yo-yos" des océans
Plus de 3 300 petits robots autonomes, distants en moyenne de 300 km, se baladent verticalement dans les océans.
Neuf jours sur dix, ils se reposent à la position ''parking'', à 1 000 m de profondeur. Le 10e jour, ils plongent jusqu'à 2 000 m, puis remontent à la surface où ils envoient vers des satellites les mesures de température et salinité qu'ils ont enregistrées lors de leur ascension.
De quoi compléter les données satellitaires qui concernent uniquement la surface des océans.
Sachant que la durée de vie de ces robots ne dépasse pas 5 ans, une armée de nouveaux flotteurs est déjà en cours de montage.
Dotés de capteurs qui mesureront les niveaux d'oxygène, de chlorophylle, de nitrate ou de carbone, ils seront capables de suivre l'évolution des écosystèmes marins.
Ils pourront également descendre jusqu'à 3 000m de profondeur et opérer sous la glace.
Plongée dans la quatrième dimension
Grâce à leur association avec les satellites, les robots autonomes peuvent envoyer leurs données en temps quasi-réel à un super logiciel répondant au nom de NEMO.
Créé il y a 30 ans par un laboratoire français et seul modèle européen représentant tous les océans, NEMO est utilisé par la plupart des systèmes de prévisions "océano".
Les océans y sont découpés en petites boîtes de 10 km de côté : plus de 13 millions sont nécessaires pour représenter tous les océans, depuis leur fond jusqu'à leur surface.
Des équations permettent de décrire les mouvements des eaux, les transferts de chaleur (température) et de matière (sel) d'une case à l'autre, d'un jour à l'autre.
Plus de 500 000 données issues des satellites et des robots autonomes y sont intégrées quotidiennement et automatiquement.
De bonnes bases pour les prévisions !
Brise-glaces des gardes-côtes canadiens utilisant les bulletins Mercatoir pour retrouver les bateaux en dérive © Garde côtière canadienne
Un métier en devenir : prévisionniste-océanographe
''Demain, les forts coups de vent sur la façade Atlantique vont provoquer des remontés d’eaux froides. La température moyenne de surface de l’océan dans le golfe de Gascogne baissera de 2°C. À signaler : le courant du Portugal diminuera d’intensité dans les jours à venir… ».
Allons-nous demain écouter des bulletins ''océano'' ?
Ce qui est sûr c'est qu'un nouveau métier se dessine : prévisionniste-océanographe.
Sa mission ? L’interprétation des données fournies par le modèle NEMO.
Pour assurer cette activité de synthèse, mieux vaut se spécialiser par zone océanique.
Pour vous, ce sera Méditerranée ou Pacifique ? Véronique a choisi l'Atlantique, côté nord-ouest.
Tous les mercredis, elle envoie aux sauveteurs en mer canadiens le détail précis des prévisions de courants. Ces informations peuvent les aider à localiser des bateaux ou des objets flottants en mer.
L'océano en direct !
Toutes les prévisions ''océano'' peuvent être consultées gratuitement et librement.
Tous les mercredis, le bulletin Mercator Océan fournit une prévision à 15 jours des courants, des températures et de la salinité, en surface comme en profondeur et sur l’ensemble du globe.
On y trouve même des prévisions sur la couverture de glace au pôle Nord et au pôle Sud !
Le site Previmer se concentre lui sur les eaux côtières françaises.
Lycéens, afin de mieux comprendre les courants marins à l’œuvre dans les océans, vous pouvez aussi participer au projet ArgOcéan du CNES.
De véritables données océanographiques fournies par les satellites altimétriques Jason-1 et Jason-2, ainsi que les données de bouées en mer, sont mises à votre disposition. Sortez les voiles !
En savoir plus :
- Les métiers du spatial (vidéos)
- L'océanographie opérationnelle : 10 exemples concrets












