Un satellite pour révéler la chimie de l'Univers
L’univers est un immense réacteur chimique. Herschel l’observe sans pareil.
Herschel, un laboratoire ultra froid
Télescope géant, Herschel est également un laboratoire doté de trois instruments, HIFI, PACS et SPIRE.
Ils réalisent des images époustouflantes d’étoiles et de galaxies, mais étudient également en détail la chimie du cosmos. En effet, cette chimie se révèle à travers la lumière infrarouge émise par les molécules qui peuplent le cosmos, point fort d’Herschel.
Néanmoins, pour la capter, il aura d’abord fallu protéger l’imposant satellite de lui-même. Plus précisément de sa propre lumière infrarouge - source d’une importante pollution lumineuse - qu’il émet comme tout morceau de matière, du fait de sa température.
Ainsi, 2 300 litres d’hélium liquide ont été expédiés dans l’espace, afin de refroidir les instruments d’Herschel à des températures comprises entre - 190 et - 273,15 °C !
Faisant d’Herschel le plus imposant satellite cryogénique jamais mis en orbite.
Mission Herschel par
Révélations sur l'origine des océans terrestres
En 2010, la comète 103P/Hartley 2 est passée au plus près de la Terre.
L’occasion pour Herschel de scruter les propriétés de l’eau qu’elle contient.
Et là, surprise : les scientifiques ont observé que sa proportion en deutérium (un élément chimique) par rapport à sa quantité d’hydrogène était la même que celui de l’eau des océans de la Terre.
Les spécialistes savent depuis longtemps que l’eau terrestre est d’origine extraterrestre.
Mais jusqu’à maintenant, ils pensaient qu’elle était essentiellement originaire de la ceinture d’astéroïdes située entre Mars et Jupiter.
Cette nouvelle observation indique qu'il est possible qu’elle provienne d’encore plus loin. Plus précisément de la ceinture de Kuiper, une vaste zone riche en glace où naissent les comètes, au-delà de l’orbite de Neptune.
Sur cette image, on observe au moins 4 panaches de vapeur d'eau au pôle sud d'Encelade, un des satellites de Saturne © NASA/JPL/Space Science Institute
Le mystère de l'eau de Saturne résolu
Depuis quinze ans, le mystère taraudait les planétologues : d’où vient l’eau présente dans la haute atmosphère de Saturne ?
Tout récemment, Herschel a apporté la réponse en braquant ses détecteurs en direction d’Encelade, un satellite naturel de Saturne.
C’est également l’une des nombreuses lunes du "seigneur des anneaux".
Depuis 2005, on sait que le pôle sud d’Encelade abrite de puissants geysers qui crachent 250 kilogrammes d’eau par seconde.
Or Herschel a montré que cette eau s’accumule sous la forme d’un vaste nuage diffus qui dessine une sorte d’anneau de vapeur entourant Saturne.
Lentement, mais sûrement, un peu de cette vapeur finit par retomber sur la planète géante.
De ce fait, Encelade devient le premier satellite à influencer la composition de son astre parent !
Cette représentation de la nébuleuse d’Orion, la région de formation d’étoiles la plus proche de la Terre, a été réalisée à partir de 520 images du télescope spatial Hubble prises entre 2004 et 2005 © STSci/DSS
Les molécules de la vie en ligne de mire
Véritable petit chimiste de l’espace, Herschel ambitionne d’analyser en détail les conditions de formation des molécules complexes qui remplissent l’espace interstellaire, autrement dit, les zones sans étoiles au sein des galaxies.
En seulement quelques heures d’observation début 2010, le télescope spatial a détecté de nombreuses espèces chimiques dans la nébuleuse d’Orion.
Un résultat d’autant plus encourageant que l’on s’attend également à y découvrir des molécules organiques, dont certaines pourraient être des précurseurs de la vie.
Ironie du sort, le télescope spatial a également montré que la formation d’eau dans l’univers pourrait nécessiter le "bombardement" de nuages de gaz par le rayonnement ultraviolet des étoiles.
Cette molécule essentielle à la vie ne devrait alors son existence qu’aux U.V., pourtant si dangereux pour la vie terrestre !
En savoir plus :
- De belles images transmises par Herschel sur le blog des images spatiales du CNES
- Nouveau regard sur l’origine des océans terrestres, sur le site de l’Observatoire de Paris











