Télescope en orbite : dangers et promesses
L’espace, une « terre » de tous les dangers. Mais un lieu magique pour observer le ciel.
De la nécessité d'aller dans l'espace
A priori, il peut paraître absurde d’envoyer un télescope dans l’espace, à plus d’un million de kilomètres de la Terre, quand il suffirait par exemple de le construire au sommet d’une montagne.
Sauf que dans le cas d’Herschel, c’était la seule solution possible. Tout simplement car l’infrarouge lointain, gamme de lumière dans laquelle l’instrument observe l’univers, est littéralement absorbé par l’atmosphère terrestre.
Ainsi, au sol, même sur les sommets les plus élevés, Herschel serait tout bonnement aveugle, incapable de réaliser la moindre image.
Les dangers de l'espace
Dépourvu d’atmosphère, l’espace est un paradis pour l’observation astronomique, mais c’est aussi un environnement extrême où le danger guette à chaque instant.
Par exemple, le 14 mai 2009, un boîtier électronique de l’instrument HIFI a été frappé de plein fouet par une particule cosmique hyper énergétique.
Résultat : un programme informatique indispensable au bon fonctionnement de l’appareil instantanément grillé et, Herschel à peine mis en œuvre, un de ses trois instruments en carafe.
Heureusement pour les scientifiques, les circuits endommagés existaient en double. Ce qui a permis aux ingénieurs en charge de l’exploitation du satellite de le réparer à distance. Et de sauver la mission !
Deux satellites pour le prix d'un
Lorsque Herschel a quitté la Terre à bord d’Ariane, il était accompagné d’un autre télescope capable de sonder le domaine micro-onde, à la limite de l’infrarouge lointain, Planck.
Pourvu d’un pouvoir grossissant moindre qu’Herschel, mais capable, au cours de sa mission de trois ans, d’observer la totalité du ciel.
Son objectif : cartographier avec une précision inégalée la lumière la plus vieille que l’on puisse observer, appelée fond diffus cosmologique.
Elle a été émise par la totalité du cosmos, 380 000 ans après le big bang, alors que l’univers, jusqu’alors opaque, devenait transparent.
Or, encore aujourd’hui, cette lumière fossile baigne l’univers tout entier. De quoi espérer percer les plus anciens secrets du cosmos !
La moisson ne fait que commencer
Depuis deux ans qu’il orbite à 1,5 million de kilomètres au-dessus de la Terre, des nuages de gaz, de la chimie interstellaire, des galaxies naissantes… Herschel a révolutionné la connaissance de l’univers infrarouge.
Pour autant, selon les scientifiques qui profitent de ses observations, la moisson de résultats déjà engrangés n’est que le hors-d’œuvre.
Reste maintenant à constituer un catalogue précis de tous les "objets" célestes accessibles au télescope, et ce dans toutes les directions du ciel.
Quant à Planck, le fruit de ses observations devrait être présenté courant 2012.
Avec, à la clé, de probables informations sur l’origine de l’univers elle-même.













