Espionner depuis l'espace
007 peut dormir tranquille car depuis les années soixante des cohortes de satellites espions se chargent de surveiller le monde à sa place.
Le réseau des services secrets
Le service d’espionnage de 007, le Secret Intelligence Service, apparaît en 1909. Donc bien après son équivalent français, le Deuxième Bureau, l’ancêtre de l’actuelle DGSE, qui lui est fondé en 1871.
Les agences américaines, les plus célèbres de toutes, le FBI (Federal Bureau of Investigation), la CIA (Central Intelligence Agency) et la NSA (National Security Agency), se sont respectivement mises en place en 1908, 1947 et 1952.
Si le FBI s’occupe du renseignement et des affaires internes, la CIA récolte et analyse des informations sur les gouvernements, entreprises et individus du monde entier. La NSA fait de même mais en se focalisant sur les télécommunications (téléphone, web).
Au fil des ans, ces agences, et les divisions de recherche qu’elles possèdent, ont profondément modifié les techniques d’espionnage : elles ont donné des yeux et des oreilles à l’espace et transformé notre quotidien.
Dans l'oeil des satellites
Nom de code : CORONA.
En 1960, en pleine guerre froide, 3 ans après le lancement de Spoutnik par les Russes, la CIA met en orbite quatre satellites espions, les premiers d’une longue série.
Depuis, les États-Unis "auraient" envoyé 600 satellites espions… contre 2 400 pour les Russes !
Certains d’entre eux observent le sol dans le domaine du visible, d’autres dans celui des hyperfréquences (radars) ou encore de l’infrarouge (IR). La vision "radar" permet de voir, de jour comme de nuit, y compris à travers certains couverts perméables aux ondes.
Par exemple, elle permet l'observation des structures métalliques et donc de décortiquer l’armature d’un bâtiment ; ou bien le repérage en pleine mer d'un navire de guerre ou encore d'un pétrolier en train de dégazer (sous les rayons du radar, le pétrole et l’eau peuvent être différenciés).
La vision IR permet quant à elle de détecter des variations de température, comme la chaleur émise par le moteur d’un véhicule, d’un char ou d’un avion.
Drone Harfang utilisé par l’armée de l’air française pour obtenir des renseignements précis au sol © Armée de l’air
Voir loin sans bouger
En 2012, James Bond pourrait-il, grâce aux satellites, regarder Dr. No agir… en restant dans son canapé ?
Non, en tout cas pas grâce aux seuls satellites espions. En effet, ceux qui possèdent la meilleure résolution d’image sont défilants : ils orbitent à 500-800 km d’altitude et passent, à heure fixe, au-dessus des mêmes points.
De fait, ils ne peuvent fixer plus de quelques minutes un endroit précis du globe.
Pour filmer en continu les activités du Dr. No, il faudrait des satellites géostationnaires. Or, cette caractéristique ne s’acquiert qu’au prix d’une altitude élevée : 35 786 km.
Une distance trop grande pour avoir une bonne résolution au sol. Pour pallier ce problème, les services d’espionnage complètent les réseaux satellitaires avec de l’imagerie aérienne (drone), des caméras de surveillance ou l’envoi d’un 007 des temps modernes.
Ecouter dans le vide
Si les murs ont des oreilles, l’espace est la pire des murailles : chaque jour, plus de 50 % des communications (téléphone-portable-web) privées et publiques passées dans le monde seraient interceptées par des programmes dédiés comme "Echelon" pour les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada ou encore l’Australie, "Infopol" pour l’Europe ou "Frenchelon" pour la France.
Géré par le service d’espionnage NSA, le réseau d’écoute anglo-saxon Echelon est le plus important du monde.
Il comprend des bases d’écoute terrestres, un sous-marin capable d’écouter les câbles de télécommunication posés au fond des mers et de gigantesques satellites d’écoute capables d’intercepter les communications radio ou satellitaires.
Ces satellites géostationnaires (Vortex Magnum / Mentor / Orion) ont des antennes paraboliques pouvant atteindre 150 m de diamètre.












