Espionner les Terriens

Les techniques de surveillance spatiale sont déjà très performantes mais de nouveaux outils sont à la disposition de 007 : internet et les téléphones portables.

Siège de la NSA à Fort Meade, Etat du Maryland © NSA

Ficher sur le web

007 le sait : les satellites espions, dont le nombre total et les performances précises ne sont pas publics, sont l’une des pièces maîtresses des systèmes actuels d’espionnage.

Ils permettent de voir, d’entendre et même de positionner par triangulation la source d’une émission d'onde radio. Pour autant, ils ne peuvent capter, à eux seuls, toutes les informations… comme celles d’internet qui transitent le plus souvent par câble.

Ce point ne pose guère de problème à Bond vu que les principaux centres névralgiques d’internet (ceux qui octroient et répertorient les adresses web) se trouvent en Californie, et qu’il y a accès via le réseau Echelon.

Le travail lui est même prémâché puisque les données issues du web sont de toute façon triées au siège de la NSA, à Fort Meade, puis analysées si besoin, comme dans le cas des communications téléphoniques.



Facebook : une mine d'information ! En décembre 2011, près des deux tiers des internautes de l'Hexagone en étaient utilisateurs © Facebook

Réseaux sociaux : les nouveaux profiteurs

"Vodka-Martini !" Une fois encore, James Bond écume les bars.


C’est fou, se dit-il, les gens n’ont plus que cette idée en tête : donner un maximum d’informations sur eux.

Cercle d’amis, photos, goûts, profession, histoire de cœur, ils s’auto-fichent sans penser aux conséquences ou aux usages possibles de cette mine d’informations.

À ce rythme, internet et sa cohorte de réseaux sociaux vont le mettre au chômage technique.

Dernier exemple en date : en août 2011, trois Américains ont montré qu’en utilisant les photos de Facebook et un logiciel de reconnaissance faciale (comme ceux que possèdent Google, Facebook ou Apple), il leur était possible d’identifier n’importe quel étudiant marchant dans leur université et de trouver ses centres d’intérêt ou le début de son numéro de sécurité sociale.

Du web à la réalité, il n’y a même plus un pas.



Les États ont accès à toutes les informations personnelles que vous laissez sur internet © SXC.hu

Infos recoupées, internautes fichés

En plus des informations mises consciemment sur internet, sur les profils Facebook par exemple, il y a celles que les gens donnent sans y penser au travers des mails, des achats faits en ligne ou des recherches faites sur Google (mots recherchés, films visionnés…).

Ces jeux de données - qui n’ont fait que s’accroître avec l’apparition des Smartphones - sont mémorisés par les moteurs de recherche et associés à l’adresse IP de l’ordinateur, voire aux individus quand ceux-ci naviguent après s’être connectés à leur profil ou messagerie.

Or, les États peuvent, par simple demande, accéder à ces informations personnelles. À ce petit jeu, la France n’est pas en reste. D’après le Transparency report de Google (90 % du marché français des moteurs de recherche), elle est la cinquième nation du monde à faire ce genre de demande dans un but de renseignement.



Saviez-vous que votre téléphone était un mouchard ? © SXC.hu

Le téléphone, un vrai mouchard

Finis les plans capillotractés de Q pour poser des micros ou des mouchards ici ou là, puisque tout le monde a dans sa poche un téléphone portable.

Un objet fantastique que de banals petits logiciels disponibles sur le web peuvent transformer en micro. Seule nécessité : posséder le numéro de téléphone.
Et ce n’est pas tout.

Car le portable est aussi un mouchard. Et pour cause : pour qu’un téléphone puisse recevoir un appel, il faut qu’à chaque instant, les opérateurs téléphoniques puissent le localiser.

Ce positionnement se fait grâce aux réseaux d’antennes relais qui retransmettent les communications.

Ces données géographiques sont stockées par l’opérateur mais aussi dans le téléphone lui-même.

Dès lors, elles peuvent être volées par un logiciel ou une application téléchargée (jeux ou autres).

Suite...

 



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